"Tous les hommes sont égaux"

Histoire de la Licra

Un fait divers dramatique est à l'origine de la création de la Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme (LICRA).

Le 25 mai 1926, Samuel Schwartzbard, ancien combattant volontaire de l'armée française, abat de sang froid à Paris, au Quartier Latin, l'Ataman Général Petlioura, réfugié en France après la victoire de la Révolution Soviétique en Russie.

Pourquoi ce meurtre ? Le jeune homme, d'origine juive, avoue spontanément qu'il a voulu, par son geste, venger les siens victimes des pogroms organisés en Ukraine sous le régime des tsars. Or, l'un des responsables de ces expéditions « punitives » dirigées contre les populations juives est précisément l'homme que Samuel Schwartzbard est abattu en plein Paris.

Déféré devant la Cour d'Assises de la Seine, l'inculpé est défendu par Me Henry Torrès, un des ténors du barreau de l'époque. Le procès fait grand bruit. Un jeune journaliste qui suit les audiences du tribunal avec une attention soutenue, lance une campagne d'opinion en faveur de l'acquittement du meurtrier. Ce jeune chroniqueur judiciaire s'appelle Bernard Lecache. Son but est de sauver la vie de Samuel Schwartzbard) le combat contre les persécutions raciales et antisémites qui sévissent de par le monde.

Pour ce faire Bernard Lecache crée « la Ligue contre les Pogroms » à laquelle adhérent des personnalités influentes comme Victor Basch, Léon Blum, Albert Einstein, Edmond Fleg, Maxime Gorki, Paul Langevin, la Comtesse de Noailles, Georges Pioch, Séverine, André Spire. Le 26 octobre 1927, après la plaidoirie de Me Henry Torrès, dont toute la presse souligne la hauteur de vue et la force de conviction, les jurés de la Cour d'Assises de Paris déclarent Samuel Schwartzbard « non coupable ». C'est l'acquittement dont l'annonce est saluée par les applaudissements du public.

Dans les jours qui suivent la Ligue contre les Pogroms se transforme en Ligue Internationale Contre l'Antisémitisme (LICA).

 

Les pères fondateurs de la lica

Quelques mois plus tard, en février 1928, les statuts de l'association sont déposés à la Préfecture. Bernard Lecache en devient le président. Il le restera jusqu'à sa mort en 1968.

Les statuts de la LICA précisent que la Ligue s'adresse à tous les hommes de bonne volonté épris de justice et soucieux de défendre la dignité de l'homme, que chacun peut y adhérer et y militer, qu'il n'existe, en son sein, aucune discrimination de caractère politique, religieux, ethnique ou philosophique.

Dans le Comité d'Honneur formé à cette occasion figurent notamment l'universitaire, membre de l'Académie Française, Edouard Herriot, le Conseiller d'Etat Léon Blum, le syndicaliste Léon Jouhaux, le savant Albert Einstein, la championne de l'émancipation féminine, Séverine, les hommes d'Etat Edouard Benes et Thomas G. Mazaryck, les écrivains Romain Rolland et André Malraux et la Comtesse de Noailles. Parmi les premiers adhérents de la LICA, Joseph Kessel n'est pas le moins actif lorsqu'il faut faire le coup de poing pour tenir à distance les agitateurs d'extrême droite qui défilent dans Paris en scandant des slogans antisémites belliqueux.

En 1931, au cours de son deuxième congrès national, la LICA dresse un premier bilan de son action et de ses forces: 10.000 militants répartis en sections d'arrondissements et de villes et en Fédérations départementales. C'est aussi l'occasion pour les congressistes de mesurer l'importance de l'audience que la LICA peut avoir auprès des pouvoirs publics, du gouvernement, des assemblées, des partis et dans l'opinion française et internationale. C'est également le moment pour les dirigeants de la ligue de faire savoir aux adversaires de la LICA que ses militants se sont organisés en groupes d'autodéfense prêts à intervenir pour protéger les personnes et les biens ouvertement menacés par des éléments antisémites constitués en milices de combat avec, naturellement, uniformes, baudriers et écussons.

Constatant, dès 1932 que le mouvement nazi qui se développe en Allemagne, reprend à son compte les thèses racistes élaborées à la fin du XIXème siècle par Arthur de Gobineau, Houston, Stewart Chamberlain et Vacher de Lapouge, la LICA décide d'étendre son action contre l'antisémitisme à la lutte contre le racisme dont l'exaltation par le national-socialisme hitlérien a pour finalité d'imposer la suprématie de la race dite « aryenne » sur toutes les autres considérées comme inférieures, décadentes, impures et immorales.

Pour mieux souligner et marquer la nature universaliste de son action, la Ligue internationale Contre l'Antisémitisme modifie son intitulé qui devient : la Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme (LICRA).

Cependant la LICA ne change pas son sigle déjà fortement popularisé en France et à l'étranger.

 

« Le Droit de Vivre »

Dès sa fondation, la LICA édite un bulletin de liaison destiné à ses adhérents. Afin d'élargir son champ d'action, de mieux véhiculer ses idées, d'agir avec une efficacité toujours plus importante sur la population, elle se dote d'un périodique de diffusion nationale vendu chez les marchands de journaux et à la criée par ses militants. Son beau titre « Le Droit de Vivre » est adopté par le Comité Central de la ligue, sur proposition de Charles-Auguste Bontemps, son premier rédacteur en chef. Son succès est immédiat.

Pour la première fois dans le monde une publication est totalement consacrée aux problèmes des minorités ethniques, à la défense des peuples opprimés, à la sauvegarde de groupes humains soumis à la domination des Etats industriellement développés.

Chaque parution du "Droit de Vivre » constitue en soi, un événement tant ses articles soulèvent des discussions passionnées, provoquent des polémiques parfois virulentes, déchaînent des réactions violentes de la part des racistes, mobilisent les démocrates aux oreilles desquels commencent à parvenir les vociférations de Hitler et le bruit des bottes des sections d'assaut nazies.

« Le Droit de Vivre » ne se borne pas à dénoncer les crimes racistes, les actes de discrimination raciale, la diffusion des théories racistes. Il sert aussi de support doctrinal à la LICA qui reprend à son compte les grands principes humanistes de la Déclaration des Droits de l'Homme, selon lesquels « les hommes naissent libres et égaux en droits ».

Pour la ligue, tout être humain, sans restriction d'aucune sorte (sociale, religieuse, ethnique, philosophique ou autre), peut prétendre à une égalité des chances, selon ses mérites et ses capacités humaines, intellectuelles, professionnelles et morales, au respect de son identité et de sa personnalité. La couleur de peau, l'origine ethnique ou nationale, la pratique d'une religion différente ne peut ni ne doit être un handicap ou un motif de discrimination de quelle sorte que ce soit.

 

La LICRA face au nazisme

En état d'alerte permanente, la LICA est attentive à tout événement, toute déclaration, tout acte qui conduit à porter atteinte à la dignité de l'homme, d'un homme ou d'un groupe d'hommes, à attiser la haine, à marginaliser des êtres humains à qui il est reproché de ne pas être comme les autres.

Dans le droit fil de son action en faveur de la fraternité universelle, la LICA alerte les démocraties sur les dangers du national socialisme allemand. Elle dénonce avec force l'aberration des thèses racistes à partir desquelles les juifs, les noirs et les métis sont qualifiés de sous-hommes (Untermenschen).

Elle mobilise l'opinion internationale sur la montée de l'antisémitisme dans les pays de l'Est européen, les pratiques ségrégationnistes aux Etats-Unis et l'exploitation économique et sociale des peuples colonisés.

La LICA crée des sections très actives en Afrique du Nord: elles regroupent des Musulmans, des Juifs et des Chrétiens de métropole et du Maghreb unis, marchant main dans la main pour condamner les excès de certains gros colons et les divisions qu'ils suscitent entre les différentes communautés pour faire régner un ordre conforme à leurs intérêts.

Lorsque la menace nazie se précise davantage, la LICA lance l'idée d'un grand rassemblement mondial contre le racisme. Quand en 1933 Hitler accède au pouvoir et que la répression s'abat sur les opposants au nouveau régime, la LICA prend l'initiative d'un mouvement de solidarité matérielle et morale en faveur des réfugiés politiques et des victimes des persécutions raciales qui demandent asile en terre de France. Dans le même temps, la ligue monte une vaste campagne de boycott des produits fabriqués par le IIIème Reich. Son mot d'ordre est largement suivi. Il se traduit par une diminution sensible des exportations allemandes. C'est aussi l'époque où la plupart des partis politiques nationalistes se laissent contaminer par le virus nazi. Pour tenter d'enrayer l'épidémie, la LICA appelle au rassemblement des forces antifascistes. C'est le Front Populaire de 1935 et, un an plus tard, une victoire électorale et l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement à direction socialiste présidé par Léon Blum.

La LICA compte des milliers de nouveaux adhérents. Parmi eux figurent le professeur Sigmund Freud, le romancier Bernard Shaw, le ministre Max Dormoy. La liste des membres du Comité d'Honneur s'enrichit des noms de l'humoriste Tristan Bernard qui mourra en déportation, du journaliste Pierre Brossolette qui, arrêté par la Gestapo sous l'occupation allemande, se suicidera par crainte de parler sous la torture. 1936 c'est aussi l'année où deux jeunes députés font leur entrée au comité central de la LICA : Gaston Monnerville, futur président du Sénat et Jean Pierre-Bloch le second futur président de la LICA devenue en 1979 la LICRA.

Dans l'escalade de la violence antisémite, l'année 1938 est marquée par une série d'événements dramatiques lourds de conséquence pour la paix. Le premier d'entre eux se déroule en France où un jeune Juif allemand de 17 ans, Herschel Grynzpan, tue Ernst Von Rath, premier secrétaire de l'Ambassade d'Allemagne dans les locaux de la représentation diplomatique nazie à Paris. Interrogé par les policiers qui l'ont arrêté sur le champ, l'adolescent déclare qu'il a voulu attirer l'attention du monde sur le sort désespéré des Juifs allemands.

Le second a lieu de l'autre côté du Rhin où, en représailles, les membres des sections d'assaut (S.A.) hitlériennes appréhendent 20.000 Juifs qu'ils enferment dans des camps de concentration. Le feu est mis à des dizaines de synagogues, des milliers de boutiques sont pillées. Les rues de Berlin et des grandes villes du IIIème Reich sont jonchées de meubles brisés, de vitrines brisées. Ce n'est pas pour rien si l'histoire enregistrera ce déchaînement de haine raciale sous l'appellation de « la semaine des carreaux cassés » qui atteignit son paroxysme le 9 novembre 1938 pendant la Nuit de cristal, allusion faite aux milliers de devantures de commerces juifs qui volèrent en éclats sous les coups des nazis.

La fièvre antisémite ayant gagné la France, quelques mois après les événements d'Allemagne, paraît au « Journal Officiel » le 2 avril 1939 un Décret-Loi Marchandeau, du nom de son auteur, le ministre de la Justice, qui condamne la diffamation raciale. Ce texte qualifie le délit d'insulte ou d'injure ayant un mobile raciste. Il est loin de ce que propose alors la LICA, mais il a le mérite de constituer une première approche répressive du délit raciste.

 

La LICA pendant la guerre de 1939-45

Septembre 1939 : la deuxième guerre mondiale éclate. Les militants de la LICA sont, pour la plupart, mobilisés. Tous ont conscience de la gravité du conflit, de son enjeu et du danger que représenterait pour la démocratie et la liberté, une victoire de l’Allemagne nationale-socialiste.

Dans la bataille planétaire contre les forces du mal qui dominent le IIIème Reich, nombreux seront les ligueurs qui y laisseront leur vie. En se battant, jusqu’au sacrifice suprême, ils se sont inspirés de l’appel lancé par Bernard Lecache qui, au moment où Pétain signait l’armistice, invitait tous les Français à poursuivre la lutte contre l’envahisseur allemand.

Arrêté par la police de Vichy, pour menées subversives, le Président de la LICA est transféré en Algérie pour y être interné au camp de Bossuet d'où il sera libéré, 28 mois plus tard, par les troupes alliées débarquées en Afrique du Nord.

Pendant ce temps-là, en France occupée, la LICA dissoute par les autorités de Vichy, se reconstitue dans la clandestinité pour venir en aide aux victimes des lois anti-juives, en leur trouvant des caches en Province, en leur fournissant des faux papiers d’identité, en créant des réseaux d’évasion vers la Suisse, l’Espagne et l’Angleterre.

Des militants de la LICA, on en rencontre partout et à tous les échelons de la lutte pour la libération du pays : dans les mouvements de Résistance, dans les maquis, dans les corps-francs, dans les Forces Françaises de l’Intérieur, les Francs-Tireurs et Partisans, dans les groupes étrangers de la M.O.I. (Main-d’Oeuvre Immigrée). On en rencontre aussi en grand nombre dans les Forces Françaises Libres à Londres, à Alger, en Afrique noire, dans les départements d’outre-mer.

8 mai 1945, alors que l’Allemagne nazie capitule sans conditions, que les territoires occupés par l’armée allemande sont libérés, que l’heure a sonné de faire le bilan du conflit qui a ensanglanté le monde, à l’appel des noms des milliers d’adhérents de la LICA d’avant 1939, beaucoup ne répondront pas. Quelques uns sont tombés sur le front pendant ce que l’on a appelé la drôle de guerre. Des centaines de militants ont été déportés dans les camps d’extermination nazis et brûlés dans les fours crématoires après être passés dans les chambres à gaz.

D’autres encore ont été tués dans les combats livrés par la 2ème Division Blindée, la 1ère Armée Française, en Italie, en Normandie, en Alsace avant de pénétrer en Allemagne. Certains ont été fusillés au Mont-Valérien ou au Fort de Romainville pour faits de résistance ou par représailles ou encore tués dans les maquis du Vercors et du plateau des Glières ou bien au coin d’une rue de Lyon, de Grenoble, de Marseille ou de Toulouse, au cours d’une action contre les troupes d’occupation ou d’un sabotage.

Nombreux sont aussi ceux qui devaient répondre à l’appel de la LICA d’une voix affaiblie. Ce sont les miraculeux rescapés des camps de la mort. Leur corps squelettique porte encore les traces des tortures et des souffrances qu’ils ont endurées. Rongés par la maladie et les privations ils ont tout juste la force de pleurer silencieusement des êtres chers disparus dans la tourmente des cinq années qui viennent d’ébranler le monde au point de le précipiter dans le néant.

Pour les vivants comme pour les survivants de la guerre, il paraît évident que la défaite hitlérienne a sonné le glas du racisme et de la haine meurtrière, que les persécutions raciales vont disparaître avec le nazisme.

Hélas, très vite, on s’aperçoit que le chancre du racisme continue de ronger la société, que le mal se propage toujours, entretenu par les criminels nazis qui sont parvenus à échapper à la justice des hommes. Pire encore, nombre d’entre eux qui ont servi dans les SS (Schutzstauffer) corps d’élite du Führer et dans la Gestapo (police politique) du régime nazi ont trouvé refuge en Amérique du Sud et au Proche-Orient où, souvent, ils deviennent les conseillers techniques des hommes d’Etat en place.

Sous le couvert d’amicales régimentaires, de sociétés d’entraide se constitue, petit à petit, un réseau international nazi, structuré, hiérarchisé qui dispose de moyens financiers importants pour l’organisation de filières d’évasion, la réinsertion sociale des évadés et la création d’officines industrielles et commerciales dont le but est de servir de couverture à des actions politiques de déstabilisation des démocraties occidentales.

 

La LICA après 1945

Après la libération de l’Europe du joug nazi et la découverte des crimes contre l’humanité commis par le système hitlérien, l’idée que, devant autant d’horreurs, les peuples pouvaient être guéris du racisme amena certains ligueurs à croire que la LICA avait fait son temps, qu’elle n’avait plus de raison d’être, que son combat était dorénavant inutile dès lors que personne n’oserait reprendre à son compte les théories criminelles qui avaient conduit à l’abominable génocide.

Au lieu de se reconstituer en organisation de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, la LICA prit la forme d’une association de solidarité envers les rescapés des camps de concentration et de fidélité à la mémoire des millions de femmes, d’enfants et d’hommes juifs et tziganes, tragiquement disparus dans les chambres à gaz et les fours crématoires.

Dans la logique de sa nouvelle mission, la LICA aide les rescapés juifs qui veulent s’installer en Palestine tout en incitant les instances internationales à étudier les modalités de la création de l’Etat d’Israël. Elle demande également à l’ONU de voter l’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité tels qu’ils ont été définis au cours du procès de Nuremberg.

Enfin, la LICA dénonce les premières tentatives de falsification de l’histoire visant à nier le génocide des Juifs, à contester le nombre des victimes du racisme, à minimiser le meurtre collectif organisé méthodiquement par les nazis.

Alors que dans les mois qui ont suivi la capitulation du IIIème Reich hitlérien, la LICA envisageait sa disparition pure et simple ou pour le moins seulement d’exister pour défendre les intérêts des survivants de l’holocauste et la mémoire des morts, il lui faut reprendre le combat avec autant de vigueur qu’avant les événements de 1939-45, pour faire front aux formes à la fois anciennes et nouvelles de racisme et d’antisémitisme.

Ainsi en est-il du ressentiment manifesté par une partie de l’opinion française à l’égard de la politique de décolonisation menée en Afrique Noire, des disparités sociales dont souffrent certaines ethnies en Afrique du Nord créant une situation conflictuelle parfois aiguë en Tunisie et en Algérie.

Ainsi en est-il également de l’antisémitisme d’Etat pratiqué par l’ex-Union Soviétique et les démocraties populaires où, sous couvert d’anti-sionisme, les dirigeants communistes inventent de pseudo-complots ourdis par « l’impérialisme juif » et fabriquent des procès pour mettre en accusation le « cosmopolitisme juif ».

Ainsi en est-il aussi des Etats-Unis où les mesures anti-ségrégationnistes sont appliquées avec parcimonie sans oublier la farouche résistance du peuple kurde pour s’opposer à la disparition du Kurdistan et la campagne internationale menée par la LICA pour sauver les Indiens d’Amazonie chassés de leur terre.

 

De la LICA à la LICRA

Lors de son 33ème congrès national en 1979, la LICA devient la LICRA en mettant en harmonie son sigle et son intitulé la ligue rappelle ainsi sa volonté, toujours affirmée, de lutter contre toutes les formes de racisme direct ou voilé, individuel ou collectif et sa détermination de dénoncer la discrimination raciale partant du principe fondamental qu’aucune raison politique, économique, sociale ou biologique ne peut expliquer ou justifier le racisme.

La traduction dans les faits, de la vocation universaliste de la licra, se reflète dans la composition de son Comité Directeur, émanation du congrès national. Toutes les tendances politiques, toutes les religions, tous les courants philosophiques, y sont représentées y compris des représentants des mouvements de la Résistance, des victimes de la barbarie nazie et des délégués des associations humanitaires qui mènent une action commune avec la licra.

Tous les membres du Comité Directeur concourent au rayonnement de la licra, au développement de son audience, à la confirmation de sa notoriété. Quand le besoin s’en fait sentir, ils montent en première ligne pour dénoncer l’intolérance, appeler à la raison, défendre les victimes du racisme dont certains voudraient faire les boucs émissaires des difficultés que traverse notre pays.

 

Au cours des dernières années, la licra a été conduite à s’opposer aux mesures administratives arbitraires d'expulsion prises contre les travailleurs étrangers et en 2010 contre les Tsiganes de Roumanie et de Bulgarie.

 

De même, la licra a été amenée à dénoncer systématiquement les discriminations exercées à l’encontre des Français de couleur, natifs des Départements et Territoires d’Outre-mer et des Français d’origine maghrébine traités comme des citoyens de seconde zone. Enfin, la licra a pris l’initiative d’organiser des colloques juridiques et pédagogiques. Deux d’entre eux réservés aux juristes ont eu pour objet : le premier, de faire le bilan de dix années d’application de la loi antiraciste de 1972 et le second, quinze ans après, de conduire une réflexion sur l’évolution du droit et de la discrimination à la lumière de l’expérience acquise en France ou à l’étranger.

La deuxième catégorie de colloques organisés par la licra s’adressait aux éducateurs, aux pouvoirs publics et aux parents d’élèves. Les uns avaient pour but de mettre en exergue l’opportunité d’un enseignement systématique de l’histoire contemporaine pour écarter toute tentative de falsification des événements survenus entre 1933 et 1945 et de négation du génocide. Les autres étaient destinés à démontrer l’impérieuse nécessité de rétablir les cours d’instruction civique dans les écoles primaires et les établissements de l’enseignement secondaire pour prémunir la jeunesse de toute tentation raciste ou xénophobe.

 

La licra aujourd'hui

A plus de 80 ans, la « grande dame » peut, à juste titre, se targuer d’un passé riche et glorieux. Mais la lutte contre les intolérances est un combat qui, hélas, en ces débuts du troisième millénaire, est loin d’être achevé.

La licra évolue et doit faire face à de nouveaux défis.

Profondément attachée à la laïcité qui caractérise la société française, la licra considère, dans la philosophie qui guide son action, qu’il ne doit y avoir « ni droit à la différence, ni droit à l’indifférence ».

Depuis quelques années, la licra a intensifié son action internationale et œuvré pour une présence effective dans de nombreux pays.

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